
Broyer un comprimé peut détruire jusqu’à 13,7 % de la dose prescrite avant même qu’elle n’atteigne le résident (Thong, Manrique and Steadman, Drug loss while crushing tablets: Comparison of 24 tablet crushing devices, PLoS One, 2018). Dans un établissement de soins de longue durée où la plupart des résidents prennent dix médicaments ou plus par jour, cette perte s’accumule à chaque chariot, à chaque quart de travail, chaque jour.
Cet article présente ce qui va réellement mal lors de l’administration de médicaments broyés en soins de longue durée au Canada, ce que la recherche révèle sur la performance des appareils, et les critères à évaluer avant de standardiser un broyeur à comprimés automatisé.
Points clés à retenir
60,9 % des Canadiens de 65 ans et plus vivant en soins de longue durée prennent 10 médicaments d’ordonnance ou plus, contre 26,1 % des personnes âgées vivant à domicile (ICIS, 2014).
Plus de 30 % des résidents en soins de longue durée vivent avec de la dysphagie, ce qui explique pourquoi le broyage est une pratique courante plutôt qu’exceptionnelle.
Environ 38 % des résidents ayant reçu des médicaments broyés ont reçu au moins un médicament qui n’aurait pas dû être broyé.
Le broyage met en suspension des particules de médicament dans l’air, et la majeure partie de cette exposition survient au moment du versement, pas du broyage (Journal of Occupational and Environmental Hygiene, 2025).
Le choix de l’appareil influence la dose administrée : la perte de médicament variait de 1,89 % à 13,69 % parmi les 24 broyeurs testés.
Pourquoi le broyage de comprimés est-il si fréquent en soins de longue durée ?
Plus de 30 % des résidents des établissements de soins infirmiers spécialisés et de soins de longue durée vivent avec de la dysphagie, comparativement à 11 à 14 % des adultes de plus de 65 ans vivant à domicile (Pharmacy Times, To Crush or Not to Crush). La difficulté à avaler n’est pas un cas isolé dans ces milieux. C’est la condition de base pour environ un résident sur trois.
Ajoutez la polypharmacie, et le volume devient évident. Au Canada, 60,9 % des personnes âgées en soins de longue durée prennent 10 médicaments d’ordonnance différents ou plus, soit plus du double du taux de 26,1 % observé chez les personnes âgées vivant à domicile (Institut canadien d’information sur la santé, rapporté dans le CMAJ, 2014).
Dix médicaments, un résident avec dysphagie, trente résidents sur une unité. Le calcul donne des centaines d’événements de broyage par établissement chaque jour, chacun étant une petite procédure avec ses propres modes de défaillance.
Pour un survol plus large de l’effet des choix d’équipement sur le personnel de première ligne, consultez notre article sur la façon dont l’équipement médical de pointe améliore la productivité du personnel de la santé.
Que peut-il mal tourner lorsque les médicaments sont broyés manuellement ?
Broyer un comprimé qui ne devrait pas l’être constitue en soi une erreur de médication, et cela arrive souvent. Environ 38 % des résidents ayant reçu des médicaments broyés ont reçu au moins un médicament jugé inapproprié à broyer (Pharmacy Times, To Crush or Not to Crush).
Les conséquences dépendent de la formulation. Broyer un comprimé à libération prolongée administre la dose complète d’un coup plutôt que sur plusieurs heures. Broyer un comprimé à libération retardée détruit l’enrobage qui protège le médicament de l’acidité gastrique, ou qui protège la paroi de l’estomac contre le médicament. Aucune de ces défaillances ne se manifeste au chevet du résident.
Au-delà du problème de mauvais médicament, le broyage manuel comporte trois risques mécaniques :
Perte de dose. La poudre reste emprisonnée dans les dentelures, sur les pilons et à l’intérieur des sacs de broyage. Elle n’atteint jamais le résident.
Contamination croisée. Lorsqu’un mortier et un pilon sont réutilisés d’un résident à l’autre, des résidus de la dose précédente les accompagnent. Des traces du médicament d’un résident se retrouvent dans le verre d’un autre.
Troubles musculosquelettiques. Les appareils manuels à torsion exigent une force de préhension à répétition à chaque tournée de médication. Sur une carrière, cela représente un risque musculosquelettique documenté pour le personnel infirmier.
Ce que les rapports d’incident ne montrent pas : l’ISMP Canada a analysé 86 rapports d’erreurs de médication provenant d’établissements de soins de longue durée de l’Ontario entre juillet 2021 et mai 2023. L’omission était le type d’erreur le plus fréquent, à 30 %, et un certain degré de préjudice a été signalé dans 23 % des cas. La perte partielle de dose liée au broyage est rarement rapportée, parce que personne ne l’observe. Elle ressemble à une administration normale.
Les interruptions aggravent tout. Une revue de portée de 2025 a révélé que 73 % des études rapportaient une association positive statistiquement significative entre les interruptions et les erreurs d’administration de médicaments (Schroers et al., Journal of Advanced Nursing, 2025). Une tournée de médication qui exige deux mains et trente secondes d’effort physique par comprimé est une tournée conçue pour être interrompue.
Quelle proportion de la dose atteint réellement le résident ?
Des chercheurs ont testé 24 appareils de broyage de comprimés et mesuré une récupération de 86,3 % à 98,1 % de la poudre initiale, soit une perte moyenne de 5,8 % pour l’ensemble des appareils (Thong, Manrique and Steadman, PLoS One, 2018). L’écart entre les meilleurs et les pires appareils compte davantage que la moyenne.
Les modèles à mortier et pilon ont obtenu les meilleurs résultats sur le seul plan de la récupération, avec des pertes de 1,89 % à 4,08 %. Les appareils manuels à torsion avec surfaces dentelées ont obtenu les pires résultats : une seringue de broyage a perdu 13,69 %, et d’autres appareils se situaient entre 5,35 % et 7,74 %, la poudre restant coincée entre les dents. Les systèmes à sac jetable variaient de 2,1 % à 13,3 %.
Ce classement comporte toutefois un piège. Le mortier et le pilon récupèrent le plus de poudre, mais créent le plus de contamination croisée, justement parce qu’ils sont réutilisés. Avec les outils traditionnels, récupération et confinement tirent dans des directions opposées. C’est précisément cette tension qu’un système automatisé fermé est conçu pour résoudre.
L’étude a également révélé que la technique de rinçage compte : un seul rinçage à l’eau entraînait une perte moyenne de 24,2 % de la dose, tandis que deux rinçages consécutifs ramenaient la perte à 4,2 %. La technique du personnel, et pas seulement l’appareil, détermine ce que reçoit le résident.
Le broyage de médicaments présente-t-il un risque pour le personnel ?
Le broyage de comprimés oraux met en suspension des ingrédients pharmaceutiques actifs et expose le personnel de la santé à des particules de médicament en suspension dans l’air (Journal of Occupational and Environmental Hygiene, 2025). Il s’agit d’un enjeu d’exposition professionnelle, pas seulement d’un enjeu de sécurité pour les résidents.
L’étude de 2025 a produit un résultat qui justifie à lui seul un changement de pratique : la majeure partie des particules en suspension n’était pas générée pendant le broyage lui-même, mais lors du versement du comprimé broyé de son contenant vers un verre d’eau. L’exposition survient à l’étape du transfert.
Les mesures de contrôle recommandées comprennent la substitution par des formulations liquides lorsqu’elles sont offertes, le pré-broyage par la pharmacie, la limitation du versement vigoureux, et le port de masques N95 ajustés. La plupart des établissements de soins de longue durée canadiens ne peuvent pas mettre en œuvre les deux premières mesures à grande échelle. Il reste donc les mesures de contrôle technique intégrées à l’appareil lui-même.
Pourquoi nous avons conçu pour le confinement : lorsque nous avons conçu SafeCrush, la chambre de broyage fermée ne visait pas la vitesse. Elle répond aux deux points de défaillance que la littérature identifie sans cesse : la poussière en suspension à l’étape du transfert, et les résidus transportés d’un résident à l’autre.
Un broyeur automatisé fermé garde la poudre confinée du broyage jusqu’au verre. Il élimine aussi la force de préhension à l’origine des réclamations liées aux troubles musculosquelettiques chez le personnel infirmier, et il supprime le mortier réutilisé qui transporte des résidus d’un résident à l’autre.
Que devraient évaluer les établissements de soins de longue durée avant de standardiser ?
Les équipes d’approvisionnement qui comparent des broyeurs à comprimés obtiennent de meilleurs résultats lorsqu’elles évaluent six critères plutôt que le seul prix unitaire. Chacun correspond à un mode de défaillance documenté ci-dessus.
Récupération de la dose. Demandez quel pourcentage de poudre l’appareil administre. Toute perte supérieure à 5 % constitue un sous-dosage mesurable à grande échelle.
Confinement. Vérifiez que la chambre de broyage est fermée et que le transfert vers le verre ne nécessite pas un versement vigoureux.
Contrôle de la contamination croisée. Déterminez si un composant est réutilisé d’un résident à l’autre sans nettoyage, et ce qu’exige le protocole de nettoyage.
Ergonomie. Comptez le nombre de gestes de préhension par tournée de médication. Le broyage automatisé les élimine complètement.
Bruit. Les tournées de médication ont lieu pendant les heures de repos, dans les corridors des résidents. Un appareil silencieux est une exigence clinique, pas un simple confort.
Alimentation et autonomie. Les appareils à pile doivent offrir une autonomie couvrant une tournée complète de médication, sans recharge en cours de route.
La standardisation compte autant que l’appareil. Lorsque chaque chariot de l’établissement utilise le même broyeur avec le même protocole, la variation de technique diminue et la formation se simplifie. Cette même logique guide la standardisation des chariots d’urgence dans les hôpitaux ruraux canadiens, et elle s’applique tout aussi directement au chariot de médication.
L’équipement de broyage devrait aussi être spécifié en même temps que le chariot lui-même. Consultez nos chariots de médication Avalo pour des configurations offrant un rangement sécurisé par tiroirs et un espace de travail conçu pour la tournée de médication.
Comment un broyeur à comprimés automatisé change-t-il la tournée de médication ?

Un broyeur automatisé remplace une opération manuelle de trente secondes à deux mains par une simple pression sur un bouton. Ce temps récupéré profite à l’interaction avec le résident, là où les interruptions créent actuellement un risque.
SafeCrush réduit les comprimés en une poudre fine dans une chambre fermée, fonctionne sur une pile rechargeable de 12 V, et offre un niveau sonore faible, adapté aux corridors des résidents. Il est conçu pour éviter le double versement, éliminer la poussière de comprimé en suspension dans l’air, et supprimer le geste répétitif de préhension exigé par les broyeurs manuels. Il est couvert par une garantie de 3 ans et est utilisé dans plus de 15 pays.
L’argument le plus fort n’est pas la vitesse. C’est la constance. Un broyeur manuel produit un résultat différent selon la personne qui l’utilise, son niveau de fatigue, et si elle a été interrompue en plein broyage. Un appareil automatisé produit le même résultat à chaque fois, ce qui correspond à la définition d’un processus maîtrisé dans un milieu où 23 % des incidents de médication rapportés impliquent un certain degré de préjudice.
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LIOMAR Medical fabrique et distribue de l’équipement conçu pour les réalités des soins de longue durée au Canada : broyage automatisé et fermé des comprimés, chariots de médication sécurisés, et mesure de précision au chevet du résident.
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Foire aux questions
Quelle quantité de médicament est perdue lors du broyage d'un comprimé ?
Parmi les 24 appareils testés, la récupération variait de 86,3 % à 98,1 %, soit une perte moyenne de 5,8 % (PLoS One, 2018). Les modèles à mortier et pilon perdaient de 1,89 % à 4,08 %. Les appareils manuels à torsion avec surfaces dentelées perdaient jusqu’à 13,69 %, la poudre restant coincée entre les dents.
Quels médicaments ne devraient jamais être broyés ?
Les formulations à libération prolongée et à libération retardée ne doivent pas être broyées, puisque le broyage administre la dose complète d’un coup ou détruit l’enrobage protecteur. Consultez la liste ISMP Do Not Crush avant de modifier tout médicament oral solide. Environ 38 % des résidents recevant des médicaments broyés ont reçu au moins un médicament inapproprié à broyer.
Le broyage de comprimés est-il un risque pour la santé du personnel infirmier ?
Oui. Le broyage met en suspension des ingrédients actifs et expose le personnel à des particules en suspension dans l’air (Journal of Occupational and Environmental Hygiene, 2025). La majeure partie de l’exposition survient lors du versement de la poudre broyée dans un verre d’eau. Les broyeurs automatisés fermés réduisent cette exposition liée à l’étape du transfert.
Pourquoi tant de résidents en soins de longue durée ont-ils besoin de médicaments broyés ?
Plus de 30 % des résidents en soins de longue durée vivent avec de la dysphagie, et 60,9 % des personnes âgées canadiennes en soins de longue durée prennent 10 médicaments d’ordonnance ou plus, contre 26,1 % de celles vivant à domicile (ICIS, 2014). Cette combinaison fait du broyage une tâche quotidienne routinière plutôt qu’une exception.
Qu'est-ce que SafeCrush fait différemment d'un broyeur manuel ?
SafeCrush réduit les comprimés en une poudre fine dans une chambre fermée, d’une simple pression sur un bouton. Il élimine la poussière de comprimé en suspension dans l’air, évite le double versement, supprime le geste répétitif de préhension des appareils manuels à torsion, et fonctionne silencieusement sur une pile rechargeable de 12 V. Il inclut une garantie de 3 ans.
En résumé
L’administration de médicaments broyés est l’une des procédures les plus fréquentes et les moins surveillées en soins de longue durée au Canada. Elle survient des centaines de fois par jour dans chaque établissement, et ses modes de défaillance sont largement invisibles.
La perte de dose varie de moins de 2 % à près de 14 % selon l’appareil, et personne au chevet du résident ne peut voir la différence.
Les outils de broyage réutilisés transportent des résidus d’un résident à l’autre, et les outils qui récupèrent le plus de poudre sont souvent ceux qui sont réutilisés.
L’exposition du personnel aux particules de médicament en suspension atteint son sommet au moment du versement, pas du broyage.
Standardiser un seul appareil automatisé fermé élimine la variation de technique entre les chariots, les quarts de travail et le personnel.
Les établissements qui révisent leur protocole d’administration de médicaments devraient commencer par compter le nombre d’événements de broyage par jour, puis multiplier ce chiffre par le taux de perte de leur appareil actuel. Le résultat dépasse habituellement les attentes.
À propos de l'auteur
Mario P. Cloutier est cofondateur et chef de la direction de LIOMAR Medical Inc., un fabricant et distributeur montréalais d’équipement médical pour les patients alités, les résidents en soins de longue durée et les personnes à mobilité réduite. Il a fondé l’agence de ventes et de marketing en sciences de la vie Xclamat!on en 2002 et a collaboré avec des organisations du palmarès Fortune 500 dans le secteur de la santé. LIOMAR Medical est membre du programme Accélérateur d’innovation de HealthPRO Canada, qui met en relation les fabricants avec plus de 2 000 établissements de santé canadiens.
Sources
Thong MY, Manrique YJ, Steadman KJ. Drug loss while crushing tablets: Comparison of 24 tablet crushing devices. PLoS One, vol. 13, no. 3, e0193683, 1er mars 2018. Consulté le 5 août 2026. pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5832315
Journal of Occupational and Environmental Hygiene. Healthcare workers’ exposure to aerosolized medications while crushing oral tablets. 2025. Consulté le 5 août 2026. tandfonline.com — aerosolized medications while crushing
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Pharmacy Times. To Crush or Not to Crush: That is the Medication Administration Question. Consulté le 5 août 2026. pharmacytimes.com — To Crush or Not to Crush
ISMP Canada. Reporting and Learning in Ontario Long-Term Care Homes: A Multi-Incident Analysis of Medication Incidents. Consulté le 5 août 2026. ismpcanada.ca — Ontario LTC multi-incident analysis
Schroers G, et al. Associations Between Interruptions and Medication Administration Errors Among Nurses in Hospital Settings. Journal of Advanced Nursing, 2025. Consulté le 5 août 2026. onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/jan.70032
Institute for Safe Medication Practices. Crushing or splitting the wrong tablet can be dangerous. ISMP Long-Term Care Advise-ERR. Consulté le 5 août 2026. ismp.org — LTC Advise-ERR (PDF)

